Trio Faille   
Compagnie Jérôme Thomas   
| Compagnonnage 2020
  

  

  

  
| Le spectacle : Projet Faille
  

avec  
Compagnie Jérôme Thomas   
| Johannes Holm Veje
   Porteur / Jongleur / Batterie
| Léa Leprêtre
   Trapèze ballant bas/ Violoncelle/ Chant
| Martin Richard
   Voltigeur / Ukulele / Chant

avec
Léa Leprêtre, Johannes Holm Veje et Martin Richard

Qui sont-ils ? Ce projet naît de la rencontre de 3 étudiants en école supérieure des arts du cirque, aspirant à devenir artistes. Ils se connaissent depuis quatre ans et suivent ensemble la formation ENACR/CNAC, Johannes et Martin en duo de cadre coréen et portés, Léa en trapèze ballant basse hauteur.
Pendant leurs années d’études, l’univers du duo d’un côté et celui de la trapéziste de l’autre finissent par se faire inexorablement écho notamment par leurs univers qui flirtent avec l’absurde, mettant en scène des personnages loufoques parfois stéréotypés voir caricaturaux vivant dans un monde qu'ils ne comprennent pas. Ainsi, dès leur entrée au CNAC, les 3 étudiants éprouvent l’envie inextinguible d’allier leurs projets personnels et commencent à travailler ponctuellement ensemble dans le cadre de diverses présentations : Boucherie ou le corps féminin comme objet sexuel ; Master class sur le clitoris et la prostate et même à l’occasion du cabaret mis en scène par Olivier Antoine en octobre 2017.

Les différents projets avec des metteurs en scène (Sophia Perez, Antoine Rigot) ou des collaborateurs artistiques (Mathieu Benayoun, Karine Noël, Maxime Bourdon) les ont poussé à créer ensemble tant dans la forme circassienne que dans la musique par exemple ou simplement au plateau dans des expérimentations théâtrales ou dansées.

Cette idée de spectacle est le fruit de leurs rencontres scéniques éprouvées au CNAC. Il s’ancre dans un désir de marier deux disciplines aériennes et acrobatiques. Il est aussi la conjonction de deux univers artistiques adjacents, mêlant la technique de cirque à une dimension plus théâtrale.

 

Pourquoi un compagnonnage ?

« Le talent et l’intuitivité du TRIO FAILLE m’a totalement convaincu quand je les ai vu lors de leur examen de sortie et de leur exercice lors des Echappées. J’étais membre du Jury à cette occasion. » Jérôme Thomas

Parallèlement à ses propres créations et interprétations, Jérôme Thomas a toujours transmis sa pratique et donné de nombreux stages en France et à l’étranger, et ce depuis le début de sa carrière. Il est en lien régulier avec les écoles supérieures, l’Académie Fratellini et le CNAC.

Conseiller artistique à l’Académie Fratellini, il intervient dans le parcours des apprentis et met en scène le spectacle Colosse en 2012 avec les apprentis, ainsi qu’un cabaret cirque quelques années plus tard.

En 2014, il met en scène avec la collaboration de Martin Palisse, le spectacle de fin d’études de la 26ème promotion du CNAC Over the Cloud. Il est le plus souvent possible au jury des Échappées, présentation des projets artistiques individuels des étudiants du CNAC, futurs sortants.

Plus que jamais, l’endroit de la transmission est important aujourd’hui pour Jérôme Thomas. La transmission d’un savoir-faire certes mais aussi celle de valeurs ; qu’est-ce qu’être un auteur de cirque aujourd’hui ? Transmettre c’est partager son expérience du plateau mais inscrire son travail dans l’histoire du cirque contemporain. Faire en sorte que ces jeunes artistes connaissent, reconnaissent l’héritage de leurs pères, s’en emparent et s’en affranchissent aussi.

Le dispositif Compagnonnage, mis en place par Le Ministère de la Culture, permet de faire ce travail de transmission. Mais le compagnonnage est aussi un partage : voir naître et progresser des artistes, les faire bénéficier de ce que la compagnie a construit et développé : un réseau, un accompagnement à la production, un regard bienveillant sur leur travail.

Un compagnonnage n’est pas à sens unique : travailler avec de jeunes artistes permet aussi d’enrichir son propre regard et de re-questionner une pratique, bref de participer à un renouvellement nécessaire et qui doit être permanent, d’un regard et d’une position d’artiste et de créateur.

Le Trio Faille dans sa configuration « horizontale » entre les trois artistes qui le forment (et leur désir de partager absolument leur place d’auteur sans prééminence de l’un(e) ou de l’autre) est aussi une occasion très intéressante de se confronter et de soutenir une démarche différente de celle qui a été celle de la Compagnie.

Ce compagnonnage et les échanges qu’il génère déjà et génèrera sont une étape de plus dans un parcours jalonné de beaucoup d’expériences diverses, aussi bien pour Jérôme Thomas en tant que directeur artistique que pour la Compagnie créée en 1992.

Des êtres étranges vont se croiser au milieu d’accessoires improbables, d’objets du quotidien. Que cherchent-ils, que font-ils ensemble ? Du canon, du karaoké, boire dans des bars, s’asseoir dans des canapés volants, parler de sexe, faire du cirque pour tromper l’ennui.
Ils paraissent bloqués dans un monde qui sent la poussière, ils rêvent d’ailleurs et tentent de s’échapper.

Dans Projet Faille, les protagonistes cherchent à façonner un monde qui leur sied mieux. Par nature, le cadre coréen et le trapèze ballant bas intègrent le sol et l'aérien et sont donc un outil pour la recherche de l'ailleurs. Les agrès amènent une architecture très forte sur l'espace scénique. Ils structurent les relations entre les personnages et apportent des espaces de jeux inhabituels, mouvants, précaires. Nos prises de positions sur scène, tant physiques que dans le propos, influencent la qualité des corps et du jeu. La désarticulation de la narration apparaîtra dans les corps cassés, bancals.
L'histoire que nous voulons raconter est celle de 3 individus vivant dans un monde qui les dépasse et les oppresse, qui se battent pour trouver un sens à leur existence.

Projet Faille raconte comment ils en viennent à rejeter physiquement un monde qu'ils ne comprennent pas et qui court à sa perte, comment ils tendent à créer un nouveau monde sur scène. Pour cela ils tentent de s'extraire de certaines normes afin d'exprimer leur identité profonde et tendre vers un idéal.
Le découpage narratif est éclaté sans logique. Entrainant une disparité des lieux. L'on peut passer d'une scène se déroulant dans un bar/karaoké au salon baroque d’une comtesse sans transition. Cela nous permet une grande liberté narrative mais c'est aussi l'expression d'un chaos existentiel : même l'espace/temps semble ne plus suivre de logique et participe à un univers mouvant.
Projet Faille est un reflet de la façon dont on pense le monde, dont notre cerveau fonctionne, on court après le train de la pensée comme nous courrons après la figure parfaite, sans jamais l'atteindre. La rupture suscite la surprise et tient le spectateur en haleine. Nous explorons la chute physique et figurée. Cela remet en question les notions de début et de fin, quand commence vraiment la quête et quand se termine-t-elle ? A-t-elle jamais commencé et finira-t-elle un jour ? Tout dans Projet Faille est un début et une fin.

L'absurde intervient également dans nos revendications identitaires. Nous permettons à chacun d'être plusieurs personnages car nous défendons l'idée que l'humain est multiple et ambivalent. Nous sommes simultanément une dragqueen de bas étages, un majordome, une mère, des pères, des enfants, des docteurs, une reine enceinte, des hommes et des femmes, abolissant de la sorte les injonctions de genre et rejetant toute binarité.
Chacun a son histoire et son parcours, c’est fort de cette construction que chacun pourra apprendre à cohabiter, à aimer, à haïr, naitre, mourir.
Sur scène, la perte de sens s'établit dans la répétition de certaines séquences techniques sur nos agrès, des figures qui se suivent, identiques et se délitent petit à petit évoquant une routine sans but précis.

Nous souhaitons nous émanciper d'une vision de surhomme dans le cirque que nous trouvons biaisée. Notre technique circassienne sera parsemée d'échecs et de ratés, passages obligés, que nous traduirons dans nos corps par des chutes et un travail de cascade nous ramenant au monde, ici-bas, à la réalité impossible à fuir.

Le risque de chute omniprésent oblige nos corps à garder un équilibre constant, une tension ; cette tension comme la métaphore de l'équilibre fragile que nous essayons de maintenir dans nos vies. L'équilibre entre les pressions sociétales et notre besoin de liberté. La configuration de nos pratiques circassiennes nous donne la possibilité d'exprimer nos relations. Le duo de portés d'un côté et la trapéziste de l'autre permettent d'exploiter une multitude de combinaisons racontant à chaque fois, une histoire.

Production déléguée : Cie Jérôme Thomas
Coproductions : Le PALC/ Pôle National Cirque / Chalons en Champagne, CNAC/ Chalons en Champagne, CIRKEOLE / Montigny-Lès-Metz, 2 Pôles Cirque en Normandie / La Brèche à Cherbourg – Cirque-Théâtre d’Elbeuf », en cours…

La compagnie Jérôme Thomas reçoit le soutien de la DRAC Bourgogne-France-Comté pour mettre en place ce compagnonnage avec le TRIO FAILLE. Ce compagnonnage est un dispositif mis en place par Le Ministère de la Culture et de la Communication.

Trio Faille - Compagnonnage artistique
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